Carnet de route

MASSIF DE BELLEDONNE

Sortie :  MASSIF DE BELLEDONNE du 02/07/2021

Le 02/07/2021 par VIDEAU Michel

En prologue :
L'an dernier à pareille époque un groupe de cafistes s'était constitué sous la houlette de Manu pour faire le Tour du Beaufortain. Nous avions passé un bien beau moment ensemble et nous nous étions promis de recommencer cette année. C'est donc une grande partie du même groupe (ceux qui ont pu se libérer) complétée de quelques nouveaux qui renouvelle l'expérience. Cette année nous partons pour la Traversée de Belledonne Sud, de Chamrousse à Fond de France. Les étapes sont plus courtes que l'an dernier mais sur un terrain plus accidenté, avec de la neige pour passer les hauts cols, c'est une Haute Route de montagne.
L'organisation logistique a été assurée par Manu et je me suis chargé de l'itinéraire.

Vendredi 2/7/2021
Tout le monde est à l'heure au rendez-vous au pied du télésiège de Bachat-Bouloud à Chamrousse. Le soleil est là, nous savons qu'il faut en profiter, les jours suivants  ne s'annoncent pas du même tonneau.
Jean-Michel a sorti le peson (électronique s'il vous plait...) et nous nous faisons peur en pesant les sacs. Pour ma part j'arrive à 13 kg, deux de plus que l'an dernier. C'est le matériel supplémentaire qui doit être en cause : crampons, piolet, sangle et dégaine. Heureusement j'ai refilé mon bout de corde à Hubert (j'ai prétexté mon "âge avancé" et sa forme olympique). A propos de matériel, chacun a sa sangle capable de se transformer en mini baudrier, et nous avons des crampons pour une petite moitié du groupe.
De gauche à droite sur la photo, les acteurs tous prêts à en découdre : Dominique, Elisabeth, Manu, Hubert, Fabienne, Pascal, Michel, Lucien dit "Lulu", Philippe, Jean-Michel, Evelyne, Claude, Claire.                                  Il manque Nelly qui prend la photo.                                                                                                                        10h29 / km 0 / alt 1745m : Chamrousse
C'est parti ! Nous nous élevons calmement parmi les rhododendrons et les pins cembro de Chamrousse, à l'écart sur ce versant des remontées mécaniques de la station.
11h32 / km 2.6 / alt 1920m : Lac Achard
Le premier lac d'une longue série, le cadre est bucolique, nous nous imprégnons du calme et de la beauté des lieux.
de 12h19 à 12h59 / km 4 / alt 2055m : entre le col de l'Infernet et le col de la Botte
C'est l'heure du pique-nique, sous le soleil, la crème solaire est de la partie.
13h20 / km 5 / alt 2166m : col de la Botte
Nous sortons de notre quiétude car un groupe d'enfants est de sortie. Ils sont probablement venus par le télésiège qui emmène en haut de la station puis par une petite randonnée. C'est bruyant mais très joyeux voire espiègle : Lulu c'est branché avec un groupe de jeunes filles, elles sont prêtes à l'adopter comme Papy.
13h59 / km 6.3 / alt 1991m : Lacs Robert
Trois petits lacs, bien connus des grenoblois, ils marquent la limite nord de la station de Chamrousse. A partir de là nous allons encore descendre, puis remonter régulièrement jusqu'à notre hébergement du soir dans un vallon ponctué de lacs.
15h18 / km 8.6 / alt 1885m : Lac Léama
Lulu n'est pas très sensible à la poésie du paysage. Handicapé par une infection dentaire et par un manque d'entraînement ces temps-ci, il se traîne, il est à l'agonie, il en bave des ronds de chapeaux ..., il se répand dans le gazon victime de crampes. Manu prend son sac, Nelly le materne, il fait des pauses, serre des dents et mérite sa bière du soir.
16h52 / km 11.2 / alt 2110m : refuge de la Pra
Nous voilà à notre premier hébergement. Bon accueil, des douches chaudes, de la bière pression (pour ceux qui apprécie), un bon repas, peut-être une bonne nuit. Il nous reste du temps pour papoter. Pour ma part je me fais plaisir en étalant ma science, je réponds aux nombreuses questions sur notre itinéraire.
Bilan de la journée : 11km / +880m -530m / 6h23

Samedi 3/7/2021
8h03 / km 0 / alt 2110m : refuge de la Pra
Ce n'est pas la même météo qu'hier, le ciel est bâché mais avec un plafond haut et la pluie est annoncée dans la journée. La décision est tout de même prise de prendre l'itinéraire prévu par un col enneigé, et de ne pas se rabattre sur un itinéraire "bis" plus classique. Bonne nouvelle, Lulu qui fort logiquement se demandait où était passé sa bonne forme, semble l'avoir retrouvée ce matin.
9h06 / km 1.6 / alt 2361m : lac du Petit Domènon
Changement d'ambiance, fini le gazon, nous remontons les premiers névés, les lacs sont partiellement pris par la glace
9h50 / km 3.3 / alt 2457m
Nous avons dépassé un deuxième lac, le lac du Grand Domènon, et nous nous trouvons au pied des grands névés. Nous avions initialement  prévu de monter à la Croix de Belledonne, mais vu la météo et la neige abondante nous nous abstenons. Seul Hubert fort de sa rapidité et de sa pratique montagnarde prend les pentes à droite pour aller à la Croix, nous allons nous en direction du col de Freydane.
Une grande partie du groupe découvre la marche sur neige sur une grande longueur. Quelques-uns, pour plus de confort, chaussent les crampons, certains pour la première fois. D'autres préfèrent se servir des rochers brisés le plus longtemps possible. La neige porte bien, pas molle, pas dure, je dirai qu'elle est "al dente". Pascal s'est mis en premier avec des crampons et nous fait une trace de sénateur, en lacets et pas raides. Seule notre Fabienne est de temps en temps obligée de faire une grande enjambée.
10h56 / km 4.3 / alt 2645m : col de Freydane
Patience et concentration, et finalement nous abordons le col ... avec le sourire !
La descente est un plaisir pour tout le monde, la pente est douce, et chacun s'applique à planter les talons (et les bâtons aussi, n'est-ce pas Monsieur Dusse ? ). Nous sommes sur le glacier de Freydane (un des derniers du massif), au pied de l'impressionnante face NO du Grand Pic de Belledonne. Et là haut sur le sommet à droite, 300m au-dessus de nous, un petit bonhomme agite les bras du haut de la Croix de Belledonne, nous lui répondons, c'est Hubert qui joue les sémaphores.
de 12h05 à 13h47 / km 6.4 / alt 2268m : Lac Blanc
Pause midi au-dessus du lac, prolongé d'une petite sieste. Entre temps Hubert nous a rejoint, bien plus grand que nous l'imaginions lorsqu'il agitait les bras au-dessus de nous.
15h23 / km 9.6 / alt 1950m : refuge Jean Collet
La descente après le lac se révèle bien raide, elle est suivie d'une remontée sur le refuge. Il était temps, les premières gouttes de pluie sont là !
Le refuge est littéralement au-dessus de la vallée du Grésivaudan (la vallée de Grenoble à Chambéry), le panorama est magnifique, et comme après la pluie vient le beau temps, nous avons droit à un superbe coucher de soleil.Le refuge  est un peu à l'ancienne : grand dortoir, toilettes et lavabo à l'extérieur, mais l'accueil est sympa.

Bilan de la journée : 9.4km / +632m -788m / 7h21

Dimanche 4/7/2021
7h47 / km 0 / alt 1950m : refuge Jean Collet
La veille au soir, c'était tempête sous un crâne : les prévisions météo n'étaient pas bonnes et je me demandais s'il ne fallait pas prendre un itinéraire "bis" qui nous ferait redescendre pour remonter au prochain hébergement sans passer par la Haute Route. Et puis je m'étais dit que s'il ne pleuvait pas au moment du départ, nous nous risquerions par le haut.
Il ne pleut pas, donc nous partons vers les hauts cols comme prévu.
Chacun prend son rythme, les costauds devant, les normaux au milieu, les tranquilles à la fin. Je suis du genre tranquille et mon rythme convient bien à Claude et à Lulu. C'est sûr, le tout est d'arriver à bon port.                    9h20 / km 2.9 / alt 2400m : col de la Mine de Fer
Il faut maintenant aller au col que nous voyons en face, en empruntant de bons névés assez débonnaires et un passage où se découvre le sentier d'été avec son balisage tout neuf (c'est le nouveau GR 738 inauguré en 2018).
Regardez les, comme ils sont à l'aise les élégants bipèdes, ils apprivoisent la neige :
Et sur les pentes à côté, les élégants quadrupèdes nous snobent et nous tournent le dos. Pour eux, c'est l'heure du casse-croûte.
10h24 / km 4.2 / alt 2450m : Brêche de la Roche Fendue
Un petit regard derrière nous pour nous apercevoir que le brouillard monte, il ne faut pas trainer.
Devant nous la descente se fait sur la neige avec une pente un peu raide en deux endroits (j'ai repéré avec le beau temps il y a une semaine). Tous les crampons disponibles sont chaussés, la concentration est maximum, quelques réflexions démontrent que la pression monte. Quelques rares glissades très rapidement maîtrisées et arrivée sur les gros blocs de rochers qu'il valait mieux aborder tranquillement sur ses deux jambes que rapidement sur les fesses dans la neige.
Nous retrouvons le balisage cité plus haut, mais pas vraiment de sentier dans ce dédale de gros blocs, vestiges d'une très ancienne moraine. Donc il faut garder la concentration, d'autant plus que la pluie se met à tomber rendant tout cela bien glissant. La pluie s'intensifie, se charge de grésil et de légère grêle. Le groupe sort les impers et les capes.
Un peu plus haut que nous, les Virey nous font une démonstration pour enfiler un pantalon imperméable avec force gesticulations et volume sonore. Ils nous expliqueront plus tard que le problème est récurrent, ils ne sont jamais d'accord sur l'endroit et l'envers ou le devant et le derrière, je ne sais plus, je n'ai pas tout compris...                       de 12h40 à 13h10 / km 6.8 / alt 2010m : entre la Brêche de la Roche Fendue et le Pas de la Coche
Sortis de la zone morainique nous avons retrouvé un sentier bien tracé. Une accalmie pour la pluie et c'est l'heure du pique-nique. Nous sommes bien trempés, il ne fait pas chaud du tout, nous ne trainons pas.                           14h00 / km 8.1 / alt 1989m : Pas de la Coche
La pluie redouble pour descendre au refuge, le sentier se transforme en ruisseau et je prends du retard, mon genou renâcle, j'ai oublié de prendre mon Doliprane ce matin.                                                                                        14h38 / km 9.5 / alt 1735m : Habert d'Aiguebelle
Petite remontée et voilà le refuge. J'y arrive le dernier ... non l'avant-dernier. Dominique, le nez dans la capuche, est descendu tout droit et s'est vite aperçu de son erreur. Cerise sur le gâteau, son portable pourtant bien à l'abri dans sa veste Gore-Tex a pris l'eau, la poche s'est remplie d'eau !
C'est l'ambiance des temps de pluie dans le refuge, serpillères sur le sol, vêtements pendus dans tous les sens, une flambée timide pour faire sécher. Dans la chambre, avec Lulu nous bricolons avec sangles et mousquetons ... pour improviser des cordes à linge.
Ayant du temps devant nous, avec Jean-Michel, Lulu et Pascal nous sortons le jeu de belote, commandons la bière, puis le plateau de charcuterie et de fromage, vanté très commercialement par l'un des deux jeunes gardiens très accueillants.
Bon repas, nuit correcte, sauf pour Manu qui dort en haut, éclairé violemment par le bloc de secours.

Bilan de la journée : 9.5km / +773m -976m / 7h03

Lundi 5/7/2021
8h23 / km 0 / alt 1735m : Habert d'Aiguebelle
Encore un ciel gris bien épais, mais je ne pense pas qu'il pleuve ce matin. Tout de suite une bonne pente pour atteindre le premier des lacs du Vénétier. On ne change pas une équipe qui gagne ! Lulu et Claude ont pris mon pas.                 9h28 / km 1.9 / alt 2075m : lac du Vénétier
Regroupement au lac où nous admirons la nouvelle tenue d'Elisabeth : short avec dentelle et collant, ce n'est pas courant à cette altitude ! Ses habits de jour ne sont pas tout à fait secs, elle a préféré garder momentanément sa tenue de nuit.
Nous reprenons le sentier bien visible au départ, pas très marqué lorsqu'il se raidit, ce n'est pas le parcours classique, c'est cela qui en fait son charme.
10h32 / km 2.9 / alt 2260m : col de l'Aigleton
Je comprends pourquoi Hubert passe devant, il veut avoir la chance de se faire photographier avec un autochtone ! Ils sont nombreux dans le secteur et pas du tout inquiets.
Après une petite halte, nous redescendons au mieux par un petit vallon pour retrouver le parcours classique du GR738. Le sentier se fait classique.                                                                                                                            de 12h15 à 12h38 / km 5.2 / alt 2310m : au pied du col de la Vache
Pause de midi, il ne fait pas chaud, le ciel est menaçant et la vue sur la suite du parcours interroge. Contrairement aux deux jours précédents je n'ai pas fait de commentaires préparatoires pour présenter au groupe le plat de résistance de la journée. Il est devant nous, bien visible, j'essaie d'expliquer aux plus impressionnés que la pente finale n'est pas himalayenne et va s'adoucir au fur et à mesure que nous approcherons, pas sûr d'être convaincant.
Nous voilà partis par petits paquets suivant affinité et rythme. Pour certains, il est visible que l'habitude de la neige a été prise. Pour d'autres il faut rassurer, faire chausser les crampons et accompagner le temps d'atteindre une langue de rochers brisés moins impressionnante que la neige.
Hubert et Dominique, loin devant, sont passés par la neige. Elisabeth, toute à son effort solitaire, a chaussé les crampons et attaque sans broncher la pente finale. Philippe me consulte, je lui confirme que je passe par la neige (c'est tellement plus facile !), il vient avec moi, je le fais passer devant moi avec mon piolet, impeccable !
13h48 / km 6.4 / alt 2520m : col de la Vache
Regroupement au col, superbe panorama sur une nouvelle partie de Belledonne : les 7 Laux. Le temps s'éclaircit.
Après l'effort, la pente de descente peut impressionner. Manu fait prendre l'air à sa corde et installe une main courante pour traverser le couloir et descendre ensuite par d'autres rochers brisés.
Elisabeth, Claire et Lulu, décomplexés, tentent la descente en pleine pente. Aucun danger d'atterrissage et en plus Hubert est en bas à la réception. Pour les filles c'est presque un sans-faute, juste une petite glissade de quelques mètres à la fin. Lulu utilise la technique de l'entrecôte sur le barbecue : un coup sur le dos, un coup sur le ventre et un coup sur le dos. Tout cela dans la bonne humeur et les applaudissements.
Descente aisée sur le long névé, derniers pas sur la neige.                                                                                     15h18 / km 8 / alt 2160m : lac du Cos
Nous sommes descendus au niveau des 7 Laux, le refuge est là-bas au fond, au milieu des lacs.                       17h08 / km 11 / alt 2135m : refuge des 7 Laux
L'accueil est remarquable. Hervé, le gardien, ancien officier d'infanterie de montagne, est un grand communicant. Il tient à nous réunir pour nous souhaiter la bienvenue, il récidive à l'apéro en nous offrant un kir (il est d'origine bourguignonne), et nous repassera des messages avant le repas.
Entre temps arrive un groupe de joyeux garçons. L'un d'entre eux torse nu, bodybuildé, impressionnant, les filles en arrêtent de bavarder.????.. Ce sont des pompiers de Paris en vadrouille, ils animeront largement la soirée.
Soirée culturelle : nous avons droit à un documentaire écolo sur Belledonne, nous reconnaissons quelques paysages devenus plus familiers.

Bilan de la journée : 11km / +1050m -665m / 8h45

Mardi 06/7/2021
8h27 / km 0 / alt 2135m : refuge des 7 Laux
Petite étape, que de la descente. Les chauffeurs partent en premier sans flâner, Arlette nous attend à 10h30 en bas avec la voiture qui permettra le transfert à Chamrousse. Hubert, Manu, Jean-Michel, Pascal et moi-même dévalons la pente, bonjour les genoux !
A ce petit jeu, Hubert arrive le premier et tient compagnie à Arlette. Nous partons sans attendre pour récupérer les voitures (3h aller et retour). Le reste du groupe rejoint plus tard Arlette à La Martinette pour un petit encas bien mérité.
Bilan de la journée : 5.9km / +28m -1141m / 2h47

Epilogue
Superbe parcours de haute randonnée en montagne dans un massif pas très connu, mais très alpin. La météo bien que mitigée nous a épargné dans les zones difficiles en donnant du caractère au voyage. Les plus expérimentés se sont régalés dans un cadre relativement sauvage, les peu habitués à la neige ont découvert un nouveau terrain.
Le groupe, comme prévu, a très bien fonctionné. Je pense que chacun était enchanté de vivre ces instants particuliers ensemble. Et bravo à tous !

Bilan de la traversée : 46.5km / +3365m -3980m

Amicalement
Michel Videau

 

 







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